UN PRATIQUE VIVANTE

Voici une proposition que tout le monde peut faire et expérimenter. Que cela soit pendant sa pratique ou au fil de sa vie.

Après avoir parlé d’une première utilité de la répétition du geste, en voici le prolongement, comme un motif supplémentaire à l’exploration du mouvement, vecteur de notre intimité. Ainsi cette recherche augmentera le sens de la pratique.

L’espace que je vous propose de vivre, c’est la porte d’entrée du silence, de la paix.

Bien souvent, l’application est mise sur la réalisation du geste juste qui, bien qu’utile, n’est pas une fin en soi mais la possibilité, au travers de l’alternance de notre respiration, de nous relier à notre essence fondamentale.

Pour réaliser ceci, il est nécessaire de s’abandonner. Ne plus vouloir être un bon élève, un bon pratiquant, car la réussite est toujours sous-jacente de l’échec. Se contenter d’Être c’est déjà ne plus se prendre au sérieux. On mène une enquête et le sujet de notre investigation c’est nous ou plutôt c’est Je. Le Je de « Je Suis » mais aussi un jeu. Dans cette attitude ou l’intention est soutenue, la tension est relâchée à son maximum. Tout devient possible, émergeant, évolutif. Ainsi, il n’y a plus de but à atteindre. Et puisqu’il n’y a pas d’arrivée, il n’y a pas de commencement. Pas de points fixes. Vous devenez le courant de la Vie qui s’écoule librement et unifie toutes choses.

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Très simplement, il suffit d’être attentif à notre respiration et plus particulièrement aux intervalles entres les inspires et les expires. Une respiration se compose de 4 temps. Une inspiration, un espace, une expiration, un espace. Se poser, s’abandonner à cet espace sans effort, sans arrêt mais plutôt comme une continuité car cet espace fait d’énergie, de mouvement, révèle alors notre essence profonde, intime. Ce moment d’équilibre est perceptible par l’attention juste et l’intention d’y entrer.

Dans cet espace, nous ne sommes plus dans une pratique linéaire mais verticale. Le temps est suspendu. Enfin, nous sommes le trait d’union entre le Ciel et la Terre. L’expérience peut être vécue, neuve, inconnue, renouvelée.

Se re-lier à cet espace c’est accéder à la forme qui exprime l’essence qui elle-même soutient la forme.

Plus d’intérieur ou d’extérieur. Ni personne ni isolé(e). L’immobilité dans le mouvement.

Dans cet instant qui n’en est plus un, nous découvrons la naissance du geste qui se veut harmonieux, doux et paisible parce qu’il émerge d’un espace doté des mêmes qualités.

On trouvera dans le Huainan zi sur le non-agir

 » non agir ne signifie pas ne rien faire ni se taire.
Permettez à chaque chose d’être ce qu’elle est.
Originellement, de façon à ce que sa nature se réalise. »

Et aussi,

« il n’y a que le silence qui nous rende à nous-même »

Ce qui se présente dans cet espace de tranquillité, de reliance ou tout est possible, ne l’analysons pas car l’analyse c’est la décomposition, le découpage, la fragmentation, la dichotomie.

Le silence est le remède à la fragmentation de l’Être, la manifestation de notre nature joyeuse et en paix.

 » La vie et le monde tel que nous le connaissons sont gravement malades. Si j’étais médecin et que l’on me demandait mon avis sur les hommes, je répondrais:  » Du silence! prescrivez-leur du silence! »
Soren KIERKEGAARD

 

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