Se purifier avec un arbre

Comment purifier le corps ?

Pour purifier l’énergie du corps, placez-vous en position wuji devant un arbre.  Étendez les deux bras pour placer vos mains de part et d’autre du tronc sans le toucher. Tout en inspirant, pompez l’énergie de l’arbre vers votre buste par les points Lao Gong, au centre de la paume et par le point Bai Hui situé au sommet de votre tête, au plus profond de votre corps. Quand vous sentez que votre corps est complètement rempli de Qi, expirez par la bouche tout en guidant le mauvais Qi au travers des jambes en l’expulsant par les points Yong Chuan sur la plante des pieds, dans la terre.

Le Qi terrestre, qui émerge au sommet de l’arbre depuis ses racines, est à nouveau inspiré par le nez pour le faire descendre par le sommet du crâne à l’intérieur de votre corps jusqu’à ce que vous vous sentiez nettoyé. Expirez par la bouche pour rejeter le Qi vicié.

Se ressourcer avec un arbreObjectifs principaux de la purification

  • restaurer la circulation dans les méridiens
  • tonifier les organes
  • enrichir le sang
  • renforcer le système nerveux

Recueillir le Qi de l’arbre

Chaque essence possède des qualités et vertus uniques.

Selon l’ancienne tradition taoïste les meilleurs moments pour s’adonner à cette pratique sont le lever du soleil de 5h à 7h et le zénith de 11h à 13h.

Lorsque l’on souhaite recueillir l’énergie des arbres on peut se fixer un objectif et une intention en se concentrant sur un organe, un endroit particulier du corps.

Plus le sol contient de Qi  et plus les arbres sont vigoureux, leurs feuillages  brillants.  Il convient donc de regarder attentivement l’arbre choisi afin de déterminer si celui-ci est sain.  Les arbres les plus appréciés sont les pins, les sapins et les cyprès.

Pour les taoïstes, chaque arbre possède un Dantian inférieur identifiable par un nœud sur le tronc comparable au point Shen Que (vc4) de l’arbre – le passage de l’esprit.

Spécificités de quelques essences

  • Pommier : légèrement yin, estomac et rate
  • bouleau: yin, estomac
  • Cerisier: yang, foie, poumons, reins et estomac
  • chêne: légèrement yang, gros intestin, rate, reins et cœur
  • Pin: yang, foie

Méthode

Se placer en face d’un arbre en position wuji. Placer vos mains à quelques centimètres du tronc sans le toucher.

si vous ne ressentez pas d’inconfort concentrez votre intention sur l’arbre et imaginer le comme un énorme pilier d’énergie  jusqu’à ce que vous sentiez l’énergie de l’arbre remplir vos mains.  Essayez de ressentir une connexion entre votre cœur, votre dantian médian, votre dantian inférieur et l’arbre.

En expirant, pliez lentement les genoux  en même temps que vos mains descendent le long du tronc. En inspirant, poussez sur vos jambes et faites monter vos mains le long du tronc.  Répétez pendant quelques minutes.

Il est nécessaire d’être attentif aux ressentis.  Ainsi tout malaise doit stopper la pratique.  L’arbre choisi est beau, sain, non traité chimiquement, sans parasites. Un bel arbre !

 

 

La répétition du geste

La répétition du mouvement a pour objet, dans un premier temps, de libérer le corps afin que le flux vital puisse trouver le chemin de la circulation facile, sans entraves.

Par la répétition on structure le corps. Il reprend sa place, progressivement, se libère des contractions, tensions, blocages. L’alignement corporel est restauré, la verticalité émerge, les mouvements mécaniques et organiques sont rétablis, entretenus, augmentés, harmonisés.

Cette répétition s’installe en nous, naturellement, lors de l’apprentissage de la marche. Se lever, tomber, se lever à nouveau, tomber encore pour finir par esquisser un pas. Tomber, se lever, puis deux pas, trois, une marche saccadée, empruntée pour finir par le geste juste.

On retrouve cette idée du geste juste dans le Zhuangzi. Le charron expliquant au Duc Houan comment il taille sa roue:

Si j’attaque trop doucement, mon coup ne mord pas. Quand j’attaque trop fort il s’arrête dans le bois. Entre force et douceur, l’esprit trouve, le corps répond. Il y a là un tour que je ne peux transmettre par des mots , de sorte que je n’ai pu le transmettre à mes fils.

Il faut comprendre ici qu’il n’a rien pu faire pour eux car ils n’ont pas voulu apprendre par eux-mêmes.

Ainsi, par approximations successives, par répétitions, l’esprit cherche et le corps fini par trouver le geste exact, efficace, qui se révèle finalement simple pour celui qui le fait sien.
simplicite
Cette découverte de la simplicité, s’installer en son sein, ne peut être mise en place que par la motivation. Pourquoi le faire et pour qui, sont les deux questions essentielles souvent mises de cotés, non expliquées. Le faire pour soi. Ni plus, ni moins. Vouloir se réapproprier son corps, son esprit (xin), ne plus en être la marionnette. Il ne s’agit pas ici d’imposer des diktats à l’un ou à l’autre mais plutôt d’établir une écoute réciproque et collaborative. Un échange bienfaisant pour l’un comme pour l »autre.

L’ écueil principal de la répétition, l’ennui.

Quel merveilleux cadeau que d’être confronté à cet ennui. Que nous révèle-t-il ?

Que la motivation est insuffisante pour l’accomplissement de cet exercice. Alors l’esprit s’évade, voyage, puis finit par rechigner à la répétition. L’esprit est hors du corps. Déjà, notre degré d’intériorité nous est révélé. Dans ce cas, comment trouver le geste juste ?
C »est impossible.
Revenir à soi, avec curiosité, émerveillement, c’est découvrir constamment glissements, frictions, contractions, relâchements, ouvertures et fermetures qui se produisent en nous. C »est être à l’écoute de ce qui peut éventuellement se présenter et dont nous n’avons pas encore conscience et peut-être se connecter à notre essence. Comment parler d »ennui face à ce paysage intérieur fluctuant, à l’image de la lumière qui se déplace au gré des nuages parcourant le ciel et apportant un éclairage nouveau sur nos campagnes.

Voilà l’objet de la répétition… dans un premier temps.
Reste à garder à l’esprit que les mots ne sont rien.
Une once de pratique vaut mieux que des tonnes de discours. Gandhi

Survenue de la contemplation

Extrait dans « face à ce qui se dérobe ». Par Henri Michaux

Henri MICHAUX écoute de la musique, voici ce qui se produit:

Henri MichauxJe venais de rencontrer un mouvement contraire au mien dans ce que j’écoutais. Je l’arrêtais.…ne s’entendit plus le monde des autres. Adieu musique, il demeura du silence. Je restais sans bouger, absolument sans bouger. Une fonction n’avait plus envie de fonctionner. C’est tout. Je ne voyais pas au-delà. Si j’étais défait, je l’ignorais...revint le penser. Pas comme d’habitude. Incroyablement compréhensif. Vaste ce qu’il découvrait, de plus en plus vaste, d’une vastitude inconnue.(…)

Démons solubles dans l’alcool

Connaissance de l’orient n°99
Extrait de Passe-temps d’un été à Luanyang

 

Ji yun - Des nouvelles de l'au-delàLe boucher Xu Fang cheminait une nuit, portant à une planche deux jarres d ‘alcool.  Fatigué, il fit halte sous un grand arbre; la lune éclairait tout comme en plein jour. Il entendit d ‘abord, à distance, des gémissements; puis surgit d ‘un fourré un démon aux formes et à l ‘allure effrayantes. Le boucher se cacha derrière le tronc d ‘arbre, la palanche brandie, prêt à se défendre. Le démon s’approcha des jarres, sauta et dansa de joie, en ouvrit une et but; quand elle fut vide, il s’employa à ouvrir la seconde, mais il n’avait qu’a demi défait liens et couvercle quand , d ‘un faux mouvement, il renversa tout. Xu avait suivi la scène, la rage au cœur. Voyant le désarroi du démon, il leva soudain sa palanche et l’abattit sur ce qui lui sembla être le vide; aussi recommença-t-il à frapper tour de bras. A la longue, la créature s ‘affaissa sur le sol, ou elle se métamorphosa en une épaisse traînée de fumée.Dans la crainte de nouveaux sortilèges, Xu lui assena de nouveau une bonne centaine de coups: la fumée s ‘aplatit contre terre, se résorba et se dissipa graduellement en laissant en trace noirâtre, où sembla, telle une gaze légère, voulait flotter ou s ‘envoler, jusqu’au moment ou il ne resta plus rien. La créature était donc anéantie. Je dis que démons et fantômes sont de l’énergie vitale humaine en surplus, laquelle diminue, au fil du temps, et c’est pourquoi le Zuo zhuan dit: ‘Les démons sont grands, les anciens sont petits’. En ce monde nombreux sont ceux qui ont vu des fantômes, mais on n ‘entend personne prétendre avoir vu des fantômes du temps de Fu Xi ou de l’Empereur Jaune. C ‘est qu’ils se sont consumés jusqu’à disparition complète.

L’alcool est un grand dissipateur d’énergie

C’est ce qui explique que les médecins l’utilisent pour favoriser la circulation du sang et sudation, dissiper oppression et refroidissent, toutes affections qui se soignent par l’alcool. Le démon de l’histoire n ‘avait que son énergie vitale et la dissipa avec une pleine jarre d’alcool, faisant battre la chamade au yang déchaîné, mais brûlant et consumant presque tout son yin, voué à s’éteindre entièrement. Il a donc été anéanti par l’ivresse, non par les coups. En entendant cette anecdote, quelqu’un qui s’abstenait d ‘alcool dit: ‘ les démons excellent aux métamorphoses. Mais c’est sous l’effet de l’alcool que celui-là s ‘est affalé et s’est fait rosser. Normalement, les démons font peur aux hommes, mais sous l’effet de l’alcool, ce sont, paradoxalement, eux qui sont aux abois. Puissent les ivrognes s’en souvenir!  Mais un adepte de la bouteille dit: Les démons n’ont pas de forme, certes, mais ils sont doués de conscience, et n’échappent pas aux passions: joie et colère, tristesse et plaisir, le cas présent, ou ce démon s’effondre et, ivre mort, se volatilise et retourne au néant, montre la vérité de cette théorie. Des plaisirs de l’alcool, aucun n’est plus grand que celui-là, et les bouddhistes, pour qui le nirvana est le bonheur suprême, seraient bien en peine ces pauvres affairés, d’en avoir idée ! Concluons avec Zhuang Zi: ‘Le premier a raison et tort à la fois; le second a raison et tort à la fois’
Ji Yun ~ 1724-1805

L’hiver, le moment d’en faire moins

On se couche plus tôt, on travaille moins (on essaie), on fait de belles ballades plutôt que de s’éreinter à pratiquer un sport. Vous l’avez compris, on diminue ses activités, on rentre en nous à l’image de la nature qui retourne à la terre pour se ressourcer. A chaque saison son empereur. C’est donc la sphère rénale énergétique qui gouverne en ce moment. Cette sphère énergétique comprend les reins en tant qu’organes, le système uro-génital et les surrénales. C’est la réserve d’énergie que nous épuisons tout au long de l’année à force de nous éreinter en puisant dans nos réserves et dont il est question lorsque nous voulons nous ressourcer. Cette réserve se recharge si nous respectons le temps de repos que nous propose l’hiver.

La peur

C’est l’émotion de la peur qui affaiblit nos Reins et le sentiment de la confiance en soi, confiance en la vie, qui renforcent ceux ci. La peur s’apparente souvent à l’incapacité à lâcher prise. Moins on lâche, plus on s’épuise, physiquement, mentalement. Avoir confiance c’est accepter ce qui se présente à nous. Non par fatalisme mais plutôt comme une expérience incontournable qui nous permettra au moins de limiter la perte de cette fameuse énergie renfermée dans notre sphère rénale. Et puis, tout n’est pas ‘négociable’ alors à quoi bon dans ce cas lutter contre ce qui se présente à nous parfois jusqu’à l’épuisement ? Certains diront que c’est être pessimiste que de voir la vie ainsi. Je répondrais que je préfère m’adapter, accepter, pour mieux absorber l’expérience qui se présente – autant que possible. Mais la vie n’est pas facile pour tous. Alors comment faire pour évacuer cette peur et renforcer notre confiance ? Rome ne s’est pas faites en un jour et on ne va certainement pas changer notre nature du jour au lendemain mais petit à petit en commençant pas des challenges simples à mettre en place, on finit par instaurer plus de confiance en soi chaque jour. Souvent ces peurs s’installent en nous, à notre insu. D’ailleurs est-ce que ce sont vraiment nos peurs ? pas si sur ! Il suffit d’écouter pendant des années ces informations qui nous répètent en boucle que tout va mal, tout s’aggrave pour que finalement la peur s’installe. Ainsi, la peur cristallise, paralyse et il devient de plus en plus difficile d’inverser la tendance.

Remède à la peur

La méditation, tellement à la mode en ce moment, mais qui existait bien avant que l’Éveillé n’en fasse la promotion sans le savoir est un bon moyen de lâcher prise, de prendre de la distance. Il ne s’agit pas de nier ce que le monde vit, ce que nous vivons. Il s’agit de voir cela avec recul. Les écoles sont nombreuses, les gourous encore plus. Simplement, asseyez-vous et écoutez. Écoutez votre silence intérieur. Reliez-vous à votre source. Pas de corps, pas de souffle, pas d’esprit, pas de volonté, juste votre silence et la profondeur de votre véritable nature…sans peurs .Là aussi le risque est grand de vouloir trop en faire. Quelques minutes suffisent pour se reconnecter, se ressourcer et progressivement faire émerger notre cœur. Dans la posture de l’Enfant qui vénère Bouddha ( et qui nourrit ses reins, Zhan Zhuang sur une jambe, l’autre posée au dessus du genou, les mains en prière), je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d’année.

La méditation