Pratiquer le Qi Gong

Un peu comme chaque nouvel an, la rentrée amène son lot de bonnes résolutions. Vous avez choisi de vous prendre en main, de vous accorder du temps. Des collègues vous en ont parlé, vous avez lu des articles peut-être même vu un reportage.  Cette année vous ferez du qi gong !

Parce que vous êtes stressé(e), fatigué(e), que vous vous sentez engoncé(e) dans votre corps, que vous avez des douleurs articulaires, que vous dormez mal…

La liste est longue.

La bonne nouvelle c’est que vous n’avez pas besoin de vous y mettre.  Enfin pas vraiment.  Sans le savoir vous pratiquez déjà et tous les jours en plus!  Au bureau, sur votre chaise depuis plusieurs heures, vous prend soudain l’envie de vous étirer.  Et dans un geste naturel, les mains jointes, vous tendez vos bras vers le plafond.  Vos doigts s’étirent, vos bras, votre colonne vertébrale…ça fait tellement de bien.  Vous ne le savez pas encore mais vous venez de pratiquer l’un des plus vieux mouvement de qi gong.

Finalement le qi gong c’est chinois ou pas ? Dans le sens ou cet étirement est naturel pour toute la planète non.  La différence vient du fait que les « anciens chinois » n’ont cessé d’élaborer des méthodes en observant leurs concitoyens dans leur quotidien pour in fine, améliorer la santé.

La santé, le bien-vivre, dépendent de la qualité de nos reins.  On ressent bien le plaisir éprouvé en bas du dos lors de notre étirement.  On ne parle pas de l’organe à proprement parler mais de la sphère énergétique des reins.  Vous remarquerez comme le fait d’en avoir plein le dos est évocateur.  Au contraire on comprends tout de suite ce que veut dire avoir les reins solides.  Tous les signes de vieillissement sont reliés aux reins: mal de dos, cheveux qui blanchissent, déficience de l’ouïe…etc….

En fait le qi gong permet de ralentir le vieillissement des reins et dans le meilleur des cas d’en inverser la tendance. Mais ce n’est pas seulement cela.  Il existe une multitude de méthodes pour harmoniser son corps, sa respiration ou encore son état d’esprit.

Le qi gong est souvent présenté comme un couteau suisse thérapeutique. D’après les médias c’est THE remède. On vient avec son « petit » problème et on espère le régler assez vite. A noter qu’il en est de même de la méditation.

qian, élan créatif
qian, élan créatif

Je vous arrête tout de suite, vous allez devoir vous y mettre si vous souhaitez faire du qi gong.  Autrement vous ne ferez que de la gymnastique et c’est déjà pas mal. Une des notions majeures pour la pratique est de calmer son mental.  Avant de commencer on se tient debout les mains sur le dantian.  Il n’est pas question d’attendre quoi que ce soit.  On se centre, physiquement, dans le souffle, en conscience. Alors avec ces fondations réunies on peut commencer quelque-chose.  Une vitalité est disponible à tous les niveaux mais c’est avec douceur et une certaine retenue qu’elle s’exprime, une sorte d’élan créatif à l’instar du premier hexagramme du Yi Jing.

Au début de l’apprentissage il faut penser à beaucoup de choses.  C’est la phase d’acquisition nécessaire pour aller vers l’innée, le naturel.

Faire beaucoup pour ne rien faire et permettre que cela se fasse.  Voilà que Lao Zi pointe le bout de son nez.  Dans notre pratique il fera plus que cela, il sera avec nous, constamment.

Nous voilà confronté à la signification de qi gong.  Pour faire simple qi c’est l’énergie, le souffle qui nous anime et gong le travail au sens de s’exercer, s’entraîner….oui vous avez bien lu  » le travail ».

qi gong

Le 1er idéogramme, qi, représente la vapeur d’eau qui s’échappe de la marmite dans laquelle cuit le riz, c’est aussi l’énergie contenue dans le combustible qui nourrit le feu, la force du feu, la chaleur accumulée, le mouvement de l’eau et du riz qui bouillonnent, l’énergie de la vapeur qui s’élève.

Le deuxième idéogramme, gong, représente le mot « travail », l’effort déployé, l’action de s’exercer.

On comprend bien ici qu’il est préférable d’être à ce que l’on fait si on souhaite arriver à réguler notre corps, notre respiration, notre mental.  Par la répétition du geste, en dehors de la copie,  il nous sera permis d’aller au-delà du mouvement pour nous connaître et permettre ainsi à l’authenticité d’émerger. Car un ÊTRE qui se maîtrise est un ÊTRE authentique, Zheng Ren, en chinois.

Il est écrit dans le Livre de la Cour Jaune que notre corps est rempli d’esprits et que par conséquent  il ne nous appartient pas vraiment.  Comment dès lors approcher la maîtrise si nous n’exerçons pas une action consciente sur lui.

le livre de la cour jaune

Ce qu’on essai de faire en qi gong est de maîtriser notre qi.  Ça ne se fera pas en un jour et peut-être, sans doute, jamais totalement, même si des changements sont assez vite palpables.  En dehors de cette pratique consciente on ne saura pas ce qu’est le qi, d’où il vient, ou il va.

Aucune chance de réguler quoique ce soit, de retrouver un état paisible, notre état naturel, authentique.  Suivre le rythme de la nature c’est s’affranchir du temps et donc du vieillissement….

Pratiquons simplement, encore, encore encore…

Vaste voyage !

Se purifier avec un arbre

Comment purifier le corps ?

Pour purifier l’énergie du corps, placez-vous en position wuji devant un arbre.  Étendez les deux bras pour placer vos mains de part et d’autre du tronc sans le toucher. Tout en inspirant, pompez l’énergie de l’arbre vers votre buste par les points Lao Gong, au centre de la paume et par le point Bai Hui situé au sommet de votre tête, au plus profond de votre corps. Quand vous sentez que votre corps est complètement rempli de Qi, expirez par la bouche tout en guidant le mauvais Qi au travers des jambes en l’expulsant par les points Yong Chuan sur la plante des pieds, dans la terre.

Le Qi terrestre, qui émerge au sommet de l’arbre depuis ses racines, est à nouveau inspiré par le nez pour le faire descendre par le sommet du crâne à l’intérieur de votre corps jusqu’à ce que vous vous sentiez nettoyé. Expirez par la bouche pour rejeter le Qi vicié.

Se ressourcer avec un arbreObjectifs principaux de la purification

  • restaurer la circulation dans les méridiens
  • tonifier les organes
  • enrichir le sang
  • renforcer le système nerveux

Recueillir le Qi de l’arbre

Chaque essence possède des qualités et vertus uniques.

Selon l’ancienne tradition taoïste les meilleurs moments pour s’adonner à cette pratique sont le lever du soleil de 5h à 7h et le zénith de 11h à 13h.

Lorsque l’on souhaite recueillir l’énergie des arbres on peut se fixer un objectif et une intention en se concentrant sur un organe, un endroit particulier du corps.

Plus le sol contient de Qi  et plus les arbres sont vigoureux, leurs feuillages  brillants.  Il convient donc de regarder attentivement l’arbre choisi afin de déterminer si celui-ci est sain.  Les arbres les plus appréciés sont les pins, les sapins et les cyprès.

Pour les taoïstes, chaque arbre possède un Dantian inférieur identifiable par un nœud sur le tronc comparable au point Shen Que (vc4) de l’arbre – le passage de l’esprit.

Spécificités de quelques essences

  • Pommier : légèrement yin, estomac et rate
  • bouleau: yin, estomac
  • Cerisier: yang, foie, poumons, reins et estomac
  • chêne: légèrement yang, gros intestin, rate, reins et cœur
  • Pin: yang, foie

Méthode

Se placer en face d’un arbre en position wuji. Placer vos mains à quelques centimètres du tronc sans le toucher.

si vous ne ressentez pas d’inconfort concentrez votre intention sur l’arbre et imaginer le comme un énorme pilier d’énergie  jusqu’à ce que vous sentiez l’énergie de l’arbre remplir vos mains.  Essayez de ressentir une connexion entre votre cœur, votre dantian médian, votre dantian inférieur et l’arbre.

En expirant, pliez lentement les genoux  en même temps que vos mains descendent le long du tronc. En inspirant, poussez sur vos jambes et faites monter vos mains le long du tronc.  Répétez pendant quelques minutes.

Il est nécessaire d’être attentif aux ressentis.  Ainsi tout malaise doit stopper la pratique.  L’arbre choisi est beau, sain, non traité chimiquement, sans parasites. Un bel arbre !

 

 

Qi Gong en Juillet

Avec Pascal
École Marsault
Salle polyvalente
La Garenne-Colombes

Les samedis 8, 15, 22 et 29 juillet
10h – 11h
Tarifs : 7 euros le cours
20 euros les 4 cours

QI GONG DU CŒUR

Le Qi Gong du cœur est composé de
8 exercices pour renforcer le cœur
et l’appareil circulatoire, régulariser la
tension et la circulation du sang, et
équilibrer son énergie avec celle de
l’été. L’enchaînement des 8 mouve-
ments est gracieux et poétique. Ce Qi
Gong favorise l’ouverture de l’énergie
du cœur et de l’esprit.

Merci de vous inscrire

Le sport sur ordonnance officiellement lancé

Depuis le 1er mars, les patients atteints d’une affection de longue durée (ALD) peuvent se voir prescrire une activité physique adaptée par leur médecin traitant.

Plus d’un an après l’adoption du projet de loi relatif à la modernisation du système de santé, un décret précisant les modalités de cette mesure a été publié dans le Journal Officiel le 30 décembre 2016. L’objectif est de permettre au patient en ALD d’adopter « un mode de vie physiquement actif sur une base régulière » afin de « réduire les facteurs de risque et les limitations fonctionnelles » liés à la maladie.

Le médecin traitant doit procéder à un bilan fonctionnel complet au moment de la prescription.

Voici une liste non exhaustive de professionnels autorisés à la dispensation de l’activité physique dans le dispositif ALD : les masseurs-kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, les psychomotriciens, les professionnels titulaires d’un diplôme dans le domaine de l’activité physique adaptée ou d’un certificat de qualification professionnelle (CQP) tel que relaté dans l’Article R212-1 du code du sport ci dessous.

Article R212-1

Un diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification garantit la compétence de son titulaire en matière de sécurité des pratiquants et des tiers au sens de l’article L. 212-1 dans une activité physique ou sportive considérée ou dans un ensemble d’activités de même nature relatives à un public spécifique, s’il atteste dans son règlement que son titulaire :

1° Est capable de mobiliser les connaissances techniques et pédagogiques propres à l’activité considérée et de maîtriser les techniques de sa pratique dans des conditions assurant la sécurité des pratiquants et des tiers ;

2° Maîtrise les comportements à observer et les gestes à exécuter en cas d’incident ou d’accident.

La répétition du geste

La répétition du mouvement a pour objet, dans un premier temps, de libérer le corps afin que le flux vital puisse trouver le chemin de la circulation facile, sans entraves.

Par la répétition on structure le corps. Il reprend sa place, progressivement, se libère des contractions, tensions, blocages. L »alignement corporel est restauré, la verticalité émerge, les mouvements mécaniques et organiques sont rétablis, entretenus, augmentés, harmonisés.

Cette répétition s’installe en nous, naturellement, lors de l’apprentissage de la marche. Se lever, tomber, se lever à nouveau, tomber encore pour finir par esquisser un pas. Tomber, se lever, puis deux pas, trois, une marche saccadée, empruntée pour finir par le geste juste.

On retrouve cette idée du geste juste dans le Zhuangzi. Le charron expliquant au Duc Houan comment il taille sa roue:

Si j’attaque trop doucement, mon coup ne mord pas. Quand j’attaque trop fort il s’arrête dans le bois. Entre force et douceur, l’esprit trouve, le corps répond. Il y a là un tour que je ne peux transmettre par des mots , de sorte que je n’ai pu le transmettre à mes fils.

Il faut comprendre ici qu’il n »a rien pu faire pour eux car ils n’ont pas voulu apprendre par eux-mêmes.

Ainsi, par approximations successives, par répétitions, l’esprit cherche et le corps fini par trouver le geste exact, efficace, qui se révèle finalement simple pour celui qui le fait sien.
simplicite
Cette découverte de la simplicité, s’installer en son sein, ne peut être mise en place que par la motivation. Pourquoi le faire et pour qui, sont les deux questions essentielles souvent mises de cotés, non expliquées. Le faire pour soi. Ni plus, ni moins. Vouloir se réapproprier son corps, son esprit (xin), ne plus en être la marionnette. Il ne s’agit pas ici d’imposer des diktats à l’un ou à l’autre mais plutôt d’établir une écoute réciproque et collaborative. Un échange bienfaisant pour l’un comme pour l »autre.

L’ écueil principal de la répétition, l’ennui. Quel merveilleux cadeau que d’être confronté à cet ennui. Que nous révèle-t-il ?

Que la motivation est insuffisante pour l’accomplissement de cet exercice. Alors l’esprit s »évade, voyage, puis finit par rechigner à la répétition. L’esprit est hors du corps. Déjà, notre degré d »intériorité nous est révélé. Dans ce cas, comment trouver le geste juste ?
C »est impossible.
Revenir à soi, avec curiosité, émerveillement, c’est découvrir constamment glissements, frictions, contractions, relâchements, ouvertures et fermetures qui se produisent en nous. C »est être à l’écoute de ce qui peut éventuellement se présenter et dont nous n’avons pas encore conscience et peut-être se connecter à notre essence. Comment parler d »ennui face à ce paysage intérieur fluctuant, à l’image de la lumière qui se déplace au gré des nuages parcourant le ciel et apportant un éclairage nouveau sur nos campagnes.

Voilà l’objet de la répétition… dans un premier temps.
Il reste à garder à l »esprit que les mots ne sont rien.
Une once de pratique vaut mieux que des tonnes de discours. Gandhi